Sénateur Dennis Dawson: L’avenir du transport aérien et de notre réseau aéroportuaire au Canada

Publié originalement: le mars 16, 2017

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Les privatisations des dernières années, particulièrement dans le secteur des transports et communications, n’ont pas toutes été des échecs. Loi de là. Mais il faut savoir où établir la limite. On assiste présentement, dans la province voisine de l’Ontario, où l’électricité a été privatisée, à un sérieux « mordage » de pouces des autorités politiques, car cette privatisation a engendré des hausses de coûts si considérables pour les usagers que cet enjeu risque de faire tomber le gouvernement Wynne lors des prochaines élections provinciales. Car ceux qui ont investi dans la privatisation de l’électricité ontarienne l’ont fait pour une raison : ils s’attendent à un retour le plus juteux possible sur leur investissement.

La privatisation des aéroports canadiens entraînerait évidemment la conséquence que les investisseurs voudraient aussi obtenir un retour satisfaisant sur leur investissement.

Les nouveaux propriétaires ne feraient pas autrement que de rechercher le profit d’abord et avant tout, plaçant l’intérêt des usagers et des contribuables bien loin derrière.

Et il n’y a pas d’autres méthodes pour y arriver à tirer du rendement de ces investissements que de soit réduire les services ou d’augmenter les coûts pour les usagers. Il n’est évidemment pas dit que les coûts n’augmentent pas selon le modèle actuel mais au moins, ce n’est pas dans un contexte de rapporter davantage aux investisseurs mais dans un but d’améliorer les services et les installations à la disposition des usagers, tout en maintenant des structures et des mécanismes de gouvernance qui assurent transparence et efficience et imputabilité dans la gestion de biens publics.

Dans un pays de vastes distances comme le Canada, les aéroports jouent un rôle essentiel. C’est un patrimoine national qu’il faut protéger de la gourmandise des ministres des finances et des investisseurs, souvent des fonds de pension, à court de fonds pour les ministres des finances ou de projets pour les grands investisseurs.

En Australie, pays tout à fait comparable au Canada, sauf pour son climat… l’un des plus ardents promoteurs de la privatisation d’actifs publics, (son nom est Rod Sims et il préside la commission australienne sur la concurrence et les consommateurs), est devenu si exaspéré de la manière dont les gouvernements privatisent les actifs publics que selon lui, ils méritent un « uppercut », que l’on pourrait traduire au Québec par « un coup de pied au derrière », pour être poli.

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